Chicago

MLB01

Chicago en 1924. Beulah Annan (Roxie) est alors accusée du meurtre de Harry Kalstedt, un supposé intrus, tandis que la justice reproche à Belva Gaertner (Velma) d’avoir tué son amoureux. Ces deux meurtres sont devenus hyper médiatisés grâce à la plume de Maurine Watkins, qui a couvert les procès pour le compte du Chicago Tribune et dont les articles drôles et savoureux ont défrayé la une du quotidien. Il faut dire que les circonstances étaient plutôt loufoques…
L’une des accusées invoque une grossesse pour tenter de faire avorter son procès ; l’autre était semble-t-il trop ivre pour se rappeler les faits ; un avocat flamboyant; la frénésie des médias ; l’acquittement des deux femmes; voilà une histoire non pas issue d’un film d’Hollywood, mais bien du Chicago des années folles !
La reporter du Tribune décide alors de faire de cette histoire une comédie qui prend l’affiche à Broadway en 1926. Deux ans plus tard, une première version cinématographique, une production de Cecil B. DeMille voit le jour. Un second film, intitulé « Roxie Hart » mettant cette fois en vedette Ginger Rogers, sera porté à l’écran en 1942. Et plus que jamais, les procès médiatisés fascinent le public. En 1975, c’est au tour de John Kander (musique) et Fred Ebb (paroles), auteurs d’une des plus célèbres comédies musicales « Cabaret », de reprendre le thème pour concevoir « Chicago « , le musical. Ils sont rejoints dans ce projet par le metteur en scène et chorégraphe Bob Fosse (co-librettiste), qui avait réalisé en 1972 la magnifique adaptation cinématographique de Cabaret. Bob Fosse, qui était né à Chicago en 1927, juste après les débuts de la pièce, a bataillé longtemps avant d’en obtenir les droits, La version de Fosse amplifie le rôle de Velma, la compagne et rivale de Roxie, et crée celui de Mama Morton, la surveillante de prison.
« Chicago » est créée en 1975. La malchance veut que cette même année voit la naissance de la comédie musicale « A Chorus Line » dont le succès sans précédent fait de l’ombre à « Chicago » qui connaît cependant plus qu’un succès d’estime avec 898 représentations à Broadway, à partir du 3 juin 1975, jour de ses debuts. Après une reprise dans un théâtre londonien le 10 avril 1979 (600 représentations), il faut attendre 1996 pour que le producteur et metteur en scène Walter Bobbie décide de remonter ce spectacle. Ann Reinking ( qui réalise aussi les nouvelles chorégraphies, tout en respectant le style et l’esprit de Fosse) joue Roxie Hart, Bebe Neuwirth-Velma Kelly, James Naughton-Billy Flynn, et Joel Grey joue Amos Hart. Cette fois, le succès est immédiat et éclatant: « Chicago » fait un tabac à Broadway (six Tony Awards) puis à Londres en 1997.
Hervorragend. Espectacular! Astonishing! Des critiques des quatre coins de la planète l’ont acclamé. « Chicago » va désormais à la conquête du monde! New York – Londres – Australie – Vienne – Suède – Allemagne – Hollande – Argentine – Mexique – Russie – Canada – Italie.- France. « Chicago » est aujourd’hui à l’affiche dans 13 pays et, depuis ses débuts en 1996, a été jouée dans plus de 250 villes réparties dans 16 pays.
Le succès international de cette comédie musicale est certes lié aux thèmes universels qu’elle aborde : le meurtre, la cupidité, la corruption, la violence, la manipulation, l’adultère et la trahison.
Le meurtre, c’est le moyen choisi par Roxie Hart et Velma Kelly, pour accéder à la célébrité dans un monde où tuer est un art. La corruption, c’est ce qui caractérise Mama Morton, la gardienne de la prison où sont enfermées les héroïnes, même si elle appèlle son système la « réciprocité ». La manipulation, c’est l’instrument préféré de Billy Flynn, la star des avocats, un manipulateur-né qui par son charisme et son éloquence, séduit habilement ses clientes, déstabilise les témoins, hypnotise les journalistes et les jurés. L’adultère, la cupidité et la trahison sont autant de mobiles du crime, de sujets d’articles à sensation ce sont aussi autant d’actes que subit passivement Amos, mari de Roxie, symbole du  » pauvre type  » qui ne maîtrise aucun événement. Quant à la violence, c’est celle des personnages et de leurs actes mais aussi celle des mots de cette comédie musicale subversive. En utilisant une galerie d’anti-héros, acteurs de faits divers, les auteurs de « Chicago » réalisent une sombre satire d’un système judiciaire totalement perverti, où la Justice, les procès deviennent un Cirque, et du désir illimité de célébrité et de gloire qui caractérise en partie le rêve américain, en partie notre société en général .
80 ans après Beulah et Belva, à l’heure où les procès médiatiques se multiplient, « Chicago » et sa métaphore d’un monde sans morale restent profondément actuels.
CHICAGO the musical (adaptation italienne de Giorgio Calabrese)
Création: Le 23 FÈvrier 2004 au Teatro Ventaglio Nazionale à Milan
avec : MARIA LAURA BACCARINI (Roxie Hart)
LORENZA MARIO (Velma Kelly)
LUCA BARBARESCHI (Billy Flynn)

Chicagoc

chicago2big

Photo by Catherine Ashmore

Chic03

Chic01