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amphiopera de lyon avril 2013

Photo @ Christophe Charpenel

 

Il est urgent de (re)découvrir le Verbe haut de Léo Ferré. Au-delà de ses succès populaires (Jolie Môme, C’est Extra ou Avec le temps), que connaissons-nous véritablement de l’œuvre de ce poète de combat ? (« Les plus beaux chants sont des chants de revendications. Le vers doit faire l’amour dans la tête des populations. A l’école de la poésie et de la musique on n’apprend pas, on se bat ! »1). Nous sommes-nous un instant risqués au-delà de ses coups de gueule d’anar révolté à goûter ses mots crûs. Il ne nous parle que de notre humanité étriquée (« N’oubliez jamais que ce qu’il y a d’encombrant dans la morale c’est que c’est toujours la morale des autres »1), ficelée, vide mais aussi de notre humanité aimante, miséreuse, souffrante et mourante. Ferré n’est pas un misanthrope, il aime trop la vie et la liberté pour cela. Ce sont ses mots libres, vindicatifs, emphatiques qu’Yves Rousseau nous donne à entendre car « la poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie. Elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche. »1  C’est cette chair sensuelle et généreuse que nous donne à goûter Maria Laura Baccarini et Claudia Solal, deux muses inventives et inspirées. Deux muses en liberté.  Les mots qu’elles font leur : des mots cognés, jetés, hachés, tranchés, croqués, moqués et toujours respectés ; le swing dans chaque syllabe détachée ; la musicalité de la phrase superbement déclamée.

 

amphiopera de lyon avril 2013

amphiopera de lyon
avril 2013

Poetes A vos papiers

Léo Ferré